Peut-on fixer des objectifs en matière d’allaitement maternel ?

Images Parmi les objectifs du 2ème Programme National Nutrition Santé 2006-2010, on compte celui de promouvoir l’allaitement maternel. Cet objectif se décline en deux objectifs mesurables :

– Poursuivre l’augmentation de la fréquence de choix de l’allaitement maternel exclusif à la naissance afin de passer d’environ 55% en 2005 à 70% en 2010.

– Augmenter la durée de l’allaitement maternel chez les femmes qui allaitent.

Pour ma part, je suis un peu choquée par l’objectif chiffré du 70%. D’abord, pourquoi pas 65% ou 75% ? Puis, comment esayer de tenir cet objectif sans s’ingérer dans la vie privée des femmes ?

Certaines femmes dénoncent une pression de plus en forte, de la part du personnel de la maternité ou de l’entourage, pour qu’elles alaitent alors qu’elles n’en ont pas envie (ce qui était dénoncé dans l’article, un brin extremiste quand même, du magazine Elle, la semaine dernière – numéro n° 3336). Cette pression serait très forte pour donner la première tétée, à la naissance, appelée tétée de bienvenue. Est-ce pour que les maternités en questions affichent un bon objectif quantitatif ?!

Promouvoir l’allaitement maternel est une chose, mais l’instaurer en nouvelle norme sociale en est une autre. Je serais aussi gênée si, au lieu de favoriser la hausse de la natalité, on définirait un objectif, mettons, de 3 enfants par femme d’ici 2015, un peu comme la Chine avec sa politique de l’enfant unique.

Source photo 

(5 commentaires)

  1. A mon avis le problème c’est que nous n’avons pas de vrai politique de soutien en matière d’allaitement maternel. Ce n’est pas aux mères de supporter les conséquences de pratiques encore souvent mal adaptées à la pratique de l’allaitement maternel.
    L’allaitement maternel permet une meilleure santé à la fois de la mère et de l’enfant. En ce sens on ne peut que se réjouir de voir augmenter le nombre de mères qui le pratiquent.
    là où je suis d’accord avec vous, c’est qu’il me paraît bien prétentieux de vouloir demander aux mères d’allaiter alors même qu’il n’y a pas de réseau de soutien suffisant pour cela. Ceci dit c’est difficile de faire avancer les choses si les mères ne prennent pas l’initiative de s’informer, de formaliser par courrier les remarques qu’elles ont par rapport au soutien et à l’information dont elles ont pu bénéficier. Allaiter c’est avant tout un droit et une liberté autant pour la mère que pour l’enfant. Je suis convaincue qu’il y a plus de mères qui souhaitent le faire, que de mères qui ne souhaitent pas le faire. Mais il y a aussi beaucoup de mères qui doivent se battre pour y parvenir, bien davantage, que de mères qui peuvent le pratiquer facilement, bénéficiant de conditions favorables à très favorables en maternité, puis de soutien de leur pédiatre ou soignant. Ces femmes là sont parfois amères, déçues. C’est culpabilisant de rater son allaitement ! alors oui je suis d’accord avec vous il ne me semble pas que la mise en place d’une norme théorique soit vraiment une solution. On invente une nouvelle manière de disposer du corps de la femme…c’est révoltant !
    Mais parlons de toutes celles dont l’allaitement est lapidé par des pratiques non adaptées. Allaiter est un droit et je pense qu’il est urgent de se battre pour celles qui souhaitent le pratiquer. Cessons d’accepter que l’on sache à notre place, cessons d’accepter d’être infantilisée dans ces moments sacrés de notre vie que sont la naissance et l’accueil de nos enfants. Revendiquons le droit de pratiquer l’allaitement maternel lorsque nous le souhaitons, comme nous le souhaitons. Pour rattraper le retard il serait nécessaire que le gouvernement débloque des fonds suffisants à la formation des personnels soignants et au soutien des organisations qui tentent de maintenir des lignes de conseils pour les femmes qui allaitent, comme au Canada ou en Australie par exemple.
    l’allaitement est naturel mais pas inné, et au nom du profit, il a été fait une telle propagande autour des laits industriels, que les femmes ont perdu le sens pratique de l’allaitement.
    Je ne pense pas qu’elle ne veulent pas allaiter, ce n’est pas ce que je ressens de ma pratique de tous les jours, je pense plutôt qu’elle ne veulent pas vivre le même enfer que leur congénères qui elles ont tenté l’expérience avec pour seule aide des conseils plus que lamentables. Alors oui prenez vous en main mesdames, informez vous, défendez votre droit à allaiter si vous le souhaitez, et celles plus craintives ou inquiètes qui restent ambivalentes pourront vous suivre, rassurée par vos témoignages emplis de bonheur. Et laissez celles qui ne souhaitent pas allaiter, ne pas allaiter. C’est ça la liberté ! mais ne nous trompons pas de cible !

  2. Tout à fait d’accord avec Eliza sur la question « peut-on chiffrer des objectifs ». Le seul chiffrage possible à mon sens c’est que
    – 100% des femmes qui aient envie d’allaiter soient respectées, informées et soutenues de manière adéquate (et on est d’accord qu’on n’est pas au bout des efforts pour cela)
    – 100% des femmes qui n’ont pas envie d’allaiter soit respectées et soutenues
    – et 100% des informations (pas des opinions, mais des informations factuelles) soient exactes dans la presse grand public et dans l’information donnée par les professionnels de santé
    Emmanuelle

  3. Je suis tout à fait d’accord avec les deux précédents commentaires.
    J’ajouterais juste une chose. Il n’est pas toujours facile de mettre en application les recommandations telles que l’allaitement exclusif pendant 6 mois alors que la durée légale du congé maternité est bien plus courte. Toutes les mamans ne peuvent pas arrêter de travailler aussi longtemps. On comprend donc mieux les écarts statistiques entre la France et la Norvège par exemple.

  4. enfin on peut aussi tire allaiter… parce que sinon les enfants allergiques au PLV (voire aux hydrolisats) feraient comment pour survivre?

  5. Mais tu sais bien Estelle, on va forcer les PLV malgres tout 🙁
    Je suis pas choqué de chiffre « d’objectif ». Personne ne s’offusque de l’invasion du lait de vache qui était hyper rare pour l’enfant avant les guerres.
    Quand Benoîte Groult dans son autobiographie mon evasion parle de ces 2 grossesse raproché.. il était tout a fait normal de se tirer le lait et travailler en meme temps (renvoie au soutient gorge porte tetrelle).
    l’allaitement est la norme de l’espece. point. il ne s’agit pas de diffre « vous avez le droit de choisir » c’est la norme de notre espece de mamifére que nous sommes. les gens ne fotn pas un choix sein vs pis de la vache, il choisisse de ne pas allaiter.
    Ce propos n’es tpas a but culpabilisant, mais réaliste sur une norme de chaque espece.
    Il s’avére qu’il n’existe qu’une espece de chauve sourit ou l’allaitement est masculin.

Répondre à Maud Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *