Le projet de naissance est-il utile ? (2/2)

Images Personnellement je trouve que ces aspects mettent le personnel médical dans une situation délicate. De deux choses unes :

– soit le personnel médical est ouvert et compétent, auquel cas il prendra la décision adéquate : épisiotomie pour éviter une grosse déchirure, césarienne si la vie de bébé ou de maman sont en danger etc.

– soit il ne l’est pas, et il ne le deviendra pas à la lecture du projet de naissance !

Puis, comment pourrons-nous nous prononcer d’emblée pour ou contre des gestes médicaux, qui sont normalement le résultat d’une décision prise en fonction de compétences spécialisées et de l’expérience de l’obstétricien ? Ma foi, personnellement je préfère qu’il y existe des personnes plus compétentes que moi dans la gestion de l’accouchement et de la naissance !

Je trouve que le projet de naissance peut présenter aussi un autre inconvénient : celui de montrer d’emblée une certaine méfiance vis-à-vis du personnel médical, qu’on soupçonne de pratiquer des actes non nécessaire. C’est comme si on lui donnait une leçon sur la façon de faire leur travail : je ne vois pas une meilleure manière de braquer les professionnels : qui aimerait, dans son travail, que des clients ou partenaires lui montre l’équivalent d’un projet de naissance pour son métier ?!

A mon sens, s’exprimer a priori contre un acte médical serait tomber dans le même travers que s’exprimer pour cet acte en toute situation, sans prendre en compte la balance risques/ bénéfices. Et, pour bien évaluer les risques et bénéfices, il nous faudrait faire des études d’obstétrique et acquérir une expérience d’accoucheur !

Je partage donc entièrement le point de vue de Llythie, sage-femme, qui donne son opinion sur le projet de naissance, ici.

Un autre risque lié à ce projet serait, à mon avis, celui de creuser l’écart entre naissance idéalisée et naissance réelle – avec ses contingences, ses « petits » soucis, ce travail qui ne se fait pas forcément comme on le souhaiterait ou cette sage-femme qui a des idées fixes contraires aux nôtres…

(10 commentaires)

  1. Pour l’aspect médical, malgré ses X années d’études, un obstétricien ou une sage-femme n’a rien à imposer point !!!
    On ne va pas obéir comme des caniches à des médecins sous prétexte qu’ils savent tout !
    Et encore, ils savent tout hum hum, sachant qu’ils ne sont pas d’accord entre eux sur de nombreux points, pourquoi devrions-nous tout gober comme parole d’Evangile ?
    Obstétrique ou autre, notre corps est à nous et si un geste médical nous déplait, nous sommes en droit de le refuser !
    Il faut arrêter de jouer sur le « la maman et le bébé vont bien, c’est le plus important », rien ne justifie une hyper-médicalisation, et une toute petite minorité de cas justifie de passer outre un consentement pour raison vitale.
    Pour l’épisio, si une femme préfère prendre le risque d’une déchirure lourde puis que de se voir couper sans garantie que ça ne déchire pas davantage, c’est son droit.
    On n’empêche pas les gens de subir des risques opératoires pour de l’esthétique, alors pourquoi devrait-on imposer des gestes à d’autres ?
    Dans l’idéal, il ne faut pas hésiter à changer de crémerie si on a des murs en face de soi !
    Je viens personnellement de déposer un projet de naissance pour ma césarienne, j’ai pû prendre le temps d’en discuter avec une sage-femme et nous sommes tombées d’accord sur les grands principes et d’autres points restent sous réserves de mon état de santé au jour J, alors que quelques KM plus loin, au CHU, le seul Dieu qui se substitue à toute forme de discussion humaine, c’est le Saint-Protocole qui est appliqué bêtement par un personnel totalement obtu.
    Bref, je suis contre le fait de déposer un projet de naissance en disant « je veux ça », mais on DOIT pouvoir discuter et donner son avis sur l’accouchement, c’est quand même NOTRE corps et NOTRE enfant dont il est question !

  2. je pense que vous ne prenez pas le projet de naissance « par le bon bout »
    il ne s’agit pas d’une méfiance vis a vis du corps médical (quoi que parfois, c’est le cas), mais de souhaits concernant la venue au monde de son enfant.
    ensuite, le projet de naissance est une base de discussion avec l’équipe médicale. il ne s’agit pas d’arriver avec un projet tout prêt et fermés a la discussion.
    et je ne pense pas que des parents s’oppose à une césarienne si la vie de l’enfant est enjeu … et là encore, il y a normalement la possibilité de choix pour le type d’anesthésie …
    La France est loin de respecter les préconisations/recommandations de l’OMS concernant les accouchements (elles se trouvent sur le net) …
    il ne s’agit pas d’être contre un acte médical, mais de ne pas en vouloir pour soi même ou son enfant s’il y en a pas besoin, qu’il est inutile.
    encore une fois, c’est une histoire d’information.
    j’espère que vous prévoyez d’écrire un ou deux billets qui parle des cotés positifs, bénéfiques du PDN, car je trouve ces deux là un peu pessimistes …

  3. C’est un peu dommage que vous présentiez le PDN sous cet angle. Quand vous évoquez le fait que le personnel puisse sentir la parturiente comme « méfiante » je suis soufflée : étant profession médicale moi-même, je ne crois pas qu’un patient qui argumente, propose, discute (je ne dis pas « discutailler » ou « pinailler » n’est-ce-pas) sois perçu comme méfiant. Le patient, la patiente est un être humain qui dispose de son corps (plus ou moins quand il se confie à nous), et à qui je dois toute mon attention et surtout dont je suis sensée respecter l’opinion et la liberté de choix. Se positionner comme craintif/excessivement humble par rapport à la liberté de parole, n’est-ce pas une forme de démission de votre part? D’où vient votre regard?

  4. Je comprend totalement votre point de vue, mais pour certaines préparations à l’accouchement, comme l’haptonomie, il est important de proposer un projet de naissance pour pouvoir vivre l’accouchement dans les conditions de cette prépa.
    Après, le bon sens doit être la aussi.
    Le projet de naissance à mon sens ne doit pas être perçu comme une obligation mais comme un souhait. Si les sages-femmes le perçoivent mal, c’est qu’il y a un sérieux problème de confiance mutuelle. Quand on voit que la France fait partie des pays pratiquant le plus de médicalisation pour l’accouchement, nous sommes en droit de nous dire que certaines choses ne sont pas forcément obligatoire 😉

  5. Bonjour,
    Je passe par hasard sur ce blog que je trouve très intéressant. Je ne suis pas encore concerné par la naissance mais je suis plutôt rassuré qu’il existe le PDN. Je rejoins l’avis de Véro en disant que la crainte nous pousse à nous informer. La France est loin d’être la meilleure en matière d’accouchement ce qui nous permet de remettre en cause les décisions prise (de manière générale). Je pense que l’idéal est de trouver un médecin qui nous explique de façon objective (mon expérience m’affirme que ce n’est pas toujours le cas) la situation. Je ne m’imposerais pas quand ce sera mon tour mais je demanderais plein d’informations et nous prendrons cette décision ensemble. Je sais d’avance que j’aimerais « tenter » l’accouchement sans péri, ne pas le faire sur le dos, etc… Je fais parti de celles qui préfère la nature plutôt que le médicament alors j' »essayerais » de m’y rapprocher sans pour autant prendre de risque.

  6. bonjour,
    je trouve le PDN une façon intelligente de se positionner et de se questionner quant à nos souhaits ET aux exigences de la maternité où l’on accouche. Proposer un PDN à une équipe, c’est avant tout se rencontrer et discuter de ce qui est possible ou pas selon les habitudes et exigences du service. C’est aussi accepter que les choses ne se passent pas idéalement mais « le mieux possible » pour le couple. Par exemple: « si je dois subir une césarienne, le papa peut il être présent au bloc? Peut il me remplacer pour le premier peau à peau? » « j’aimerais pouvoir bouger pendant le travail et adopter la position de mon choix pour pousser, l’accepteriez vous? »
    Finalement, je trouve que le PDN fait partie de la préparation à la naissance. C’est un processus qui permet d’accepter la réalité et les aléas de l’accouchement, non pas d’imposer quoi que ce soit à l’équipe médicale.

  7. Je suis pour l’idée mais je pense que c’est difficile à mettre en oeuvre. De plus, le minimum est d’avoir confiance en son gynéco ! Pour ma part, trop de complications lors de mon premier accouchement, trop de risques pour ce 2°, je ne pense rien imposer. J’espère juste avoir la chance de pouvoir accoucher normalement et si possible sans péridurale.
    D’autre part, il est clair que certains medecins (gynéco et autres) et sage-femmes ne pensent qu’à leur porte monnaie et donc effectuent et facturent des actes qui ne sont pas forcément nécéssaires, mais comment juger surtout dans l’instant… ?! La « tête dans le guidon », on ne se rend pas forcément compte et nous n’avons pas toutes les clés en main.
    Voili voilou mon petit avis personnel né mon expérience catastrophique.
    Bonne continuation,
    Julie

  8. Je trouve bon de réfléchir à la façon dont la naissance va se dérouler et de s’y préparer. C’est un moment merveilleux et extrêmement important dans la vie d’une femme. Mais je trouve assez utopique l’idée de projet de naissance, tout particulièrement pour le premier enfant.
    On ne sait pas comment les choses vont se passer, ce que l’on va ressentir, alors comment prévoir à l’avance ses choix ? C’est une chose d’avoir un avis sur tel ou tel geste, d’avoir envie de l’éviter, mais il est illusoire de croire que l’on pourra y échapper s’il est nécessaire.
    Cela ne signifie que l’on ne peut pas participer à certaines décisions au moment de l’accouchement. Mais c’est valable pour n’importe quel acte médical, et pas spécifiquement pour un accouchement.
    Tout cela je le dis alors que je n’ai pas une grande confiance dans le corps médical, de par mon expérience dans le cadre de mon travail. J’estime qu’il faut être attentif au moment de l’accouchement, et si quelque chose nous choque ou nous paraît anormal, il faut le dire. Mais décider à l’avance comment cela va se passer… comme je l’ai dit plus haut, c’est vraiment utopique !
    Mais ce n’est que mon avis, libre à d’autres de penser différemment.

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