Réglementation des prénoms chinois

Kanjis Je vous avez déjà parlé de la difficulté de donner un prénom japonais à un bébé et bien maintenant je vais vous parler de la Chine. La Chine va publier cette année une liste de quelque 8000 « caractères réglementaires » dans laquelle les Chinois sont sensés piocher pour trouver les prénoms de leurs enfants, dévoile le Yangcheng Wanbao, de Canton. Tout prénom comportant un caratère non répertorié dans cette liste sera désormais rejeté –·tout comme les Français, qui devaient porter un prénom tiré du calendrier ou de l’Histoire, jusqu’en 1993, quand la liberté de se prénommer à sa guise fut reconnue par le Code civil.

Les responsables et experts du Bureau linguistique national, après huit ans passés à élaborer cette liste, qui exclut d’ailleurs les variantes et formes classiques des caractères, se sont félicités de la « fin des prénoms farfelus ». Ils expliquent qu’avec une base de données de 76·000·caractères les officiers d’état civil se trouvaient encore confrontée à plus 8·000·caractères non identifiables en 2006, lors du passage à la carte d’identité électronique. Il s’agissait essentiellement de signes « inventés de toutes pièces, et non pas hérités de l’Histoire ». Donc « il faut mettre de l’ordre dans tout cela », argumente un linguiste.

La nouvelle soulève déjà un tollé, car si les Chinois ont recours à des caractères de plus en plus obscurs pour prénommer leurs rejetons, c’est avant tout pour éviter la confusion d’identité. Avec seulement cent noms de famille différents pour 85·% de la population, la Chine est capable de « peupler la ville de Pittsburgh rien qu’avec ceux qui s’appellent Zhang Wei », c’est-à-dire 290·000·personnes, remarque The New York Times avec amusement. « Ce n’est pas embêtant de porter le même nom qu’une célébrité, mais si la confusion venait à se produire avec un criminel sous mandat d’arrêt·? » s’interroge le Shenzhen Tequ Bao.

De plus, ce règlement frôle-t-il l’anticonstitutionalité en violant le droit au nom et au prénom des citoyens·? Le débat est dans l’air depuis janvier, quand un jeune fut contraint d’abandonner son prénom original qui était la lettre latine « C », bien qu’il s’agisse de l’initiale de « China ». Oui, on peut afficher son patriotisme, mais pas avec des prénoms non réglementaires.

Sources :courrier international

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