Le prénom… un marqueur social?

Decorative_letter_p Le choix du prénom revêt aujourd’hui plus d’importance que par le passé car dans notre société actuelle, que ce soit à l’école ou dans le monde de l’entreprise, le prénom est beaucoup plus usité que par le passé pour désigner une personne. Et les parents en sont bien conscients ce qui explique que pour certains d’entre eux, le choix du prénom s’apparente à un véritable casse tête.

Pour Philippe Besnard, directeur de recherche au CNRS et professeur de sociologie à l’institut d’études politiques de Paris, il y a bien des prénoms bourgeois et populaires. Pour lui, les deux tendances sont assez récentes mais très marquées car les milieux bourgeois et populaires ont des goûts esthétiques très différents en matière de choix du prénom. Il note même dans une interview accordée au journal l’Humanité:  « Dans ce domaine, on peut dire que la lutte des classes a disparu, puisque chacun trouve dégoûtants les prénoms des autres ».

Parallèlement, il constate que le désir d’appartenance sociale en fonction du choix du prénom se retrouve surtout dans les milieux bourgeois. Les milieux populaires, eux, ne se posent pas la question et ont une plus grande recherche d’innovation.

Selon Nicolas Guéguen, docteur en psychologie sociale, directeur d’un laboratoire de recherche et professeur à l’université de Bretagne Sud, le prénom est un véritable marqueur social: « selon notre classe sociale, nous n’attribuons pas le même registre de prénoms à nos enfants. L’élite, par exemple, utilisait dans les années 1970-1980 les prénoms composés pour se distinguer. Désormais, elle prise ceux qui plongent leurs racines dans l’histoire (Baudoin, Théophile, Philomène…). Mais ce qui est frappant, c’est l’efficacité de cette stratégie: les individus, quel que soit leur milieu, sont tout à fait en mesure de réaffecter ces prénoms à un milieu social d’appartenance. Ils sont clairvoyants. »

Alors, que pensez-vous de ces réflexions de grands professeurs? Stéréotypes ou réalité?
Pour ma part, je pense que ces réflexions se vérifient peut être pour des prénoms très connotés comme Baudoin par exemple mais l’immense majorité des prénoms dits classiques (ceux qui figurent dans le calendrier) sont employés et appréciés dans toutes les classes sociales: c’est le cas des Marie, Pierre, Amélie, Thibault etc.
Alors tenir un discours aussi tranché que ceux de ces deux grands professeurs relève quand même, pour une bonne part, du stéréotype de mon point de vue.

Liens avec le blog bébé:

Choisir le prénom de bébé: quand le hasard s’en mêle du 26 décembre 2007
Le casse tête du choix du prénom du 19 décembre 2008

(4 commentaires)

  1. c’est vrai que la plupart des prénoms comme vous les citez passent un peu dans toutes les classes, bien qu’on pourrait dire qu’ils sont attribués dans les classes moyennes si on va par là non?
    Ceci dit je trouve que ces professeurs ont quand même raison même si ce n’est pas une vérité générale : l’exemple des prénoms très anciens est très flagrant pour des familles un peu bourgeoises. Et certains prénoms que je ne citerai pas se retrouvent énormément dans des familles en difficulté….

  2. Merci de votre commentaire Emilie,
    Je me souviens avoir lu une étude, au moment où je recherchais activement un prénom pour mon petit garçon qui disait en substance ceci:
    – Les prénoms très classiques seraient aujourd’hui le 1er choix des familles aristocratiques.
    – Les prénoms anciens et rares seraient le 1er choix des bo-bo.
    – Les prénoms aux accents américains seraient très appréciés des milieux populaires
    – Et dans chaque région, les prénoms régionaux seraient toujours en vogue un peu dans toutes les classes sociales.
    Là encore, ça vaut ce que ça vaut (je n’aime pas trop les généralités) mais cette réflexion m’avait quand même suffisamment marquée pour que je m’en souvienne!…

  3. J’ai déjà entendu parler d’une étude similaire dans un reportage télé. Ca m’avait d’ailleurs choquée. L’étude faisait un rapport entre les prénoms et les catégories socio professionnelles et disait que selon notre profession / « échellon », on ne donnait pas les mêmes prénoms. Et qu’on retrouvait pour souvent tel prénom pour des cadres ou tel autre pour des ouvriers.
    Ce que je trouve dramatique dans ce genre d’étude, c’est qu’on conditionne une nouvelle fois les enfants dès leur plus jeune âge.
    Est ce que cela signifie qu’en appelant mon fils David ou Bertrand, je le conditionne socialement à réussir ou pas ?
    Mais où va-t-on ?

  4. Merci de votre commentaire Angele,
    Je comprends votre coup de gueule et je partage votre point de vue car je dénonce moi aussi cette société que l’on voudrait normaliser le plus possible (c’est pour ça que j’ai noté que je n’aimais pas trop les généralités). En effet, à force d’émissions télévisées et de publications qui diffusent ces idées qui n’ont pour autre but que de stéréotyper la société, on fait rentrer dans la tête des gens des informations qui les conditionnent. C’est ainsi que quand on rencontre un enfant ayant un prénom aux consonances américaines on s’imagine qu’il vient d’un milieu populaire alors que personnellement je connais plusieurs exemples de fils de bonne famille qui portent un prénom américain. Et alors?…
    Arrêtons d’essayer de mettre les gens dans des cases.

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