Le virus H1N1 est réputé plus dangereux pour les femmes enceintes, qui présentent plus de risques de complications. Cependant, certaines se situent à l’autre extrême : infectées, elles ne manifestent aucun symptôme.
C’est ce qui résulte d’une étude visant à doser dans le sang systématiquement les anticorps contre le virus H1N1, qui vient d’être conduite à Marseille par l’unité des virus émergents (université Aix-Marseille) dirigée par le Pr Xavier de Lamballerie, en collaboration avec l’Institut de veille sanitaire, chez des femmes enceintes (tranche d’âge de 20-39 ans). Selon les premiers résultats, pour une personne ayant consulté pour grippe, quatre ont été infectées.
S’il faut se garder de généraliser ces données, cette étude exige à revoir à la baisse le risque de décès lié au H1N1 et indique que désormais une part importante de la population est déjà immunisée.
L’étude a porté sur 500 Marseillaises enceintes, au premier trimestre de la grossesse, qui, chaque semaine, se voient proposer, en même temps que la recherche de toxoplasmose ou rubéole, un test pour détecter les anticorps contre le H1N1, si elles n’ont pas été encore vaccinées. Les résultats préliminaires ont été publiés dans la revue en ligne PLoS Current Influenza, le 27 décembre.
«Cette surveillance sérologique nous a permis de constater que, pour la semaine 49 (première semaine de décembre, NDRL), 10 % des femmes enceintes d’âge compris entre 20 et 39 ans présentaient des anticorps consécutifs à une infection récente par le virus pandémique H1N1, explique le Pr Antoine Flahault, un des auteurs de l’étude, dans Le Figaro. Le réseau de surveillance Sentinelle la même semaine montre que seulement 2 % de la population générale dans cette tranche d’âge a consulté un médecin pour grippe clinique. Cela nous permet de dire qu’il y aurait beaucoup plus de personnes contaminées que ce que mesure le réseau Sentinelle, soit parce que ces personnes n’ont pas eu ou peu de symptômes, soit parce qu’elles ont été grippées, sans consulter leur médecin.» Ainsi, dans cette tranche d’âge, sur 10 personnes ayant été infectées par le virus, seules deux ont été repérées par le système de surveillance et huit (quatre fois plus) ne l’ont pas été. «C’est beaucoup plus que dans la grippe saisonnière pour laquelle on a calculé qu’une personne sur deux est asymptomatique», ajoute le professeur Flahault.