L’Allemagne avait mis il y a déjà dix ans ces boîtes à bébés » (« babyklappe« ), où les mères en détresse peuvent déposer leur nourrisson non désiré en gardant l’anonymat. Elles sont tapissées d’un molleton aux couleurs vives, l’intérieur est chauffé à 37 °C et pourvues d’une mini-caméra et d’une alarme qui alerte au bout de trente secondes le personnel de la maternité lorsqu’un enfant a été déposé. Une lettre cachetée, « A emporter », est adressée aux mamans.
Mais ce système ne fait pas l’unanimité. Fin novembre, le Conseil national de l’éthique a ravivé la controverse en recommandant de supprimer les quelque 80 boîtes à bébés qui existent à travers le pays.
Celles-ci sont « éthiquement et juridiquement problématiques, a estimé ce comité de scientifiques, chercheurs et politiques, chargé de conseiller les pouvoirs publics. Elles portent atteinte au droit de l’enfant à connaître ses origines. » Un droit inscrit en toutes lettres dans la Loi fondamentale allemande.
Ses partisans estiment que ce système permet d’éviter des infanticides et qu’il faut le légaliser. En effet, les boîtes à bébés ne sont ni autorisées ni interdites par la loi. L’accouchement « sous X », comme en France, est en revanche interdit.
Le nouveau gouvernement de centre-droit indique vouloir se saisir du débat. L’une des pistes privilégiées est la légalisation de l’accouchement « discret », et non pas « sous X ». Cette solution permet à la mère d’être prise en charge en milieu médicalisé. Ses données personnelles sont conservées, et éventuellement restituées à l’enfant au bout d’un temps et d’une procédure déterminés.
Source : Le Monde.