L’exposition d’une femme enceinte à des microbes protégerait son enfant des allergies à long terme. Les chercheurs de Marburg, en Allemagne, ont constaté que l’exposition à des bactéries dans l’environnement déclenche une réaction inflammatoire légère chez des souris enceintes qui rend leur progéniture résistante aux allergies. L’étude a été publiée le 7 décembre 2009 dans le Journal of Experimental Medicine. Dans un commentaire d’accompagnement, Patrick Holt et Deborah Strickland expliquent les mécanismes biologiques amenant à ces résultats et comment ils pourraient un jour prévenir les allergies dans toute la population.
L’augmentation progressive des allergies au cours des dernières décennies est souvent attribuée à une tendance croissante à maintenir les enfants trop propres. Selon cette théorie, l’exposition des jeunes enfants à des microbes dans leur environnement ferait que leur système immunitaire en plein développement soit plus capable de tolérer plus tard des microbes et des allergènes dans la vie. Des études ont montré, par exemple, que les enfants élevés dans des fermes, qui regorgent de microbes, ont beaucoup moins d’allergies que ceux dans les villes ou les régions non agricoles en milieu rural.
Selon cette nouvelle étude réalisée par Harald Renz et ses collègues de l’Université Phillips de Marburg, les souris enceintes exposées à des microbes Barnyard par inhalation ont donné naissance à des bébés souris plus résistants aux allergies. L’exposition a suscité une réaction inflammatoire légère chez les mères, qui se caractérise par l’augmentation de la production de molécules immunitaires appelées cytokines. Il reste aussi à voir si la protection s’applique à un large éventail d’allergènes, y compris ceux trouvés dans les aliments.