Si vous avez un spécimen fille âgé de 2-3 ans, vous vous êtes sans doute aperçu qu’elle devient de plus en plus exigeante concernant ses tenues : elle préfère les robes, qui tournent, rose si possibles, avec des froufrous ou paillettes. Pour certaines, cette préférence tourne au caprice : et il n’est plus moyen alors de faire enfiler un pantalon à la petite rebelle.
Est-ce grave ? Je dirai oui et et non.
Oui, dans le sens où il faut prendre 5-10 minutes supplémentaires pour argumenter le choix d’une couleur (« toutes les couleurs sont belles », « on peut changer », « regarde cette princesse, elle a une robe bleue » etc) et d’un vêtement (pourquoi un pantalon est plus pratique pour protéger les genoux ou protéger du froid).
Non, dans la mesure où la plupart des filles passent par cette étape. Et je dirais oui à nouveau, si les filles ne sortent pas de cette étape, leur placard se transformant en garde-robe Dora et ensuite Barbie.
Après que ma fille de 5 ans soit passée par cette étape entre, disons, 4 et 5 ans, je vois qu’elle commence peu à peu à accepter la « diversification ». Mais j’ai toujours tenu bon et, même si elle a quelques habits « très filles », il faut composer aussi avec d’autres vêtements de l’armoire.
Quelles seraient les raisons de cette obsession pour le rose et pour les robes ? Bien sûr, il y a le côté identification et imitation des petites copines du même âge. Mais pourquoi ? Probablement, parce que cela rassure – comme cela peut être le cas pour les exigences alimentaires.
Mais aussi parce qu’à cet âge les enfants comprennent qu’ils appartiennent soit à la classe des garçons, soit à la classe des filles, sans être surs qu’ils ne peuvent en changer. Adopter les signes extérieurs de l’identité sexuelle leur permet de s’identifier et d’être facilement identifiés à une classe donnée.
Je pense que vers 6-7 ans (voire un peu avant, si on l’explique bien aux enfants), lorsque la conscience du genre est considérée comme bien établie, l’appartenance à l’un ou l’autre sexe étant tenue pour une caractéristique définitive