En apprenant qu’ils auront une petite soeur, la réaction de mes enfants a donc été différente selon leur place dans la fratrie. Mais aussi en fonction de l’âge.
Mon fils de 3 ans et demi (3 ans au moment de l’annonce) est encore assez petit pour bien exprimer ses peurs et ses angoisses qui, pensons-nous, se sont manifestés par une régression au niveau de la propreté. Cela a mis plusieurs mois avant d’être « réglé », et nous avons dû lui parler et lui expliquer les choses plusieurs fois (que nous allions continuer à l’aimer même quand la petite soeur sera là, par exemple).
Quant à ma fille, elle a réagi du haut de ses 5 ans, intéressée notamment par les aspects anatomiques de la grossesse. J’ai pu avoir avec elle des échanges très riches et répondre à ses questions très intéressantes : est-ce que bébé l’entend quand elle parle ? est-ce qu’il voit ? est-ce qu’il comprend ce qu’elle dit ?
Et, réaction très touchante, ma fille s’est habituée à venir mettre sa tête ou sa main sur mon ventre pour sentir les petits coups de pieds de bébé. Elle s’amuse à regarder les « boulettes » que ces petits coups tracent sur mon ventre. Ce qui lui permet aussi de se projeter dans le futur et de dire que, lorsqu’elle seramaman, elle aura aussi un bébé dans le ventre.
En revanche, sa réaction a été plutôt « mauvaise » à l’égard de son petit frère, qu’elle a presque exclu de la fratrie : elle n’avait des pensées que pour la petite soeur, sorte de soeur fantasmée, idéale, avec qui elle allait jouer, ne jamais se disputer etc. Là aussi nous avons dû intervenir et discuter, lui expliquer aussi que le bébé mettra longtemps avant de pouvoir jouer avec elle et que, de toute façon, la proximité d’âge est plus importante entre elle et son frère et qu’ils resteront complices dans le jeu.
Le pendant de cette réaction chez mon fils a été de demander à être une fille… Une fille comme la grande soeur, qui est pour lui un modèle, comme tout « grand », et une fille comme la petite soeur à venir… Nous avons des amis qui ont la même « configuration » de la fratrie que nous et ils nous avaient d’ailleurs dit que le garçon s’était senti longtemps comme un « intrus ». Je n’y aurais pas pensé, en imaginant que la place de moyen peut être compensé par la position unique de seul garçon de la fratrie.
Finalement, au fil des discussions (surtout entre les deux garçons de la famille, mon fils et papa) et des explications, l’arrivée de la petite soeur semble avoir été « digérée » et acceptée. Maintenant, en adaptant une phrase de Dim Dam Doum, mon fils dit : « si vous embêtez ma petite soeur qui est dans le ventre de ma maman, gare à vous ! » (en fait, il prononce garabous :-))