Non à la fessée : les associations se rassemblent pour militer

Fesse4_2 La fessée reste en France une mesure « éducative » courante. Pourtant, les études indiquent que les enfants victimes de violence éducative ordinaire sont plus susceptibles d’avoir des accidents, de tomber malades, d’être eux-mêmes violents, de souffrir d’une mauvaise image d’eux-mêmes et d’un manque de confiance, de devenir des adultes dépressifs, de sombrer dans l’alcool et la drogue, ou la déliquance, voire de souffrir de troubles sexuels (sado-masochisme par example), etc. Je sais, la liste est longue et pour une fessée partie sans réfléchir, on n’imagine pas les conséquences à long terme. Tout cela a pourtant été vérifié par des cherceurs et j’y reviendrai bientôt plus en détails.

Ce que je voudrais aborder aujourd’hui, c’est que la fessée n’est même pas efficace : en cas de stress, la partie intellectualisée du cerveau est inhibée, afin de favoriser les réflexes de fuite ou de défense. C’est un reste de notre époque des cavernes où il n’y fallait fuir les dangers ou attaquer pour survivre. Or, le bébé ne peut ni fuir, ni se défendre face à ses parents. Il s’ensuit néanmoins que la fessée est loin d’être éducative, puisque l’enfant n’est pas en mesure de réfléchir et de voir dans le châtiment une conséquence de ses actes.

Fesse1Aujourd’hui, les associations se mobilisent. L’Observatoire de la Violence Ordinaire, Ni Claques Ni Fessées et Stop Violence Stop Maltraitance ont lancé un « Appel pour la protection de l’enfance contre toute violence ». Leurs objectifs ? Obtenir une législation afin que toute punition corporelle soit interdite, ainsi que des moyens pour que les parents soient informés à ce sujet et bien sûr, qu’on leur propose des ressources sur les méthodes d’éducation non-violentes.

Déjà 116 associations ont répondu à l’appel. Toutes les associations agissant dans le domaine de l’enfance sont invitées à les rejoindre. Leur objectif : présenter leur requête aux pouvoirs publics et, bien sûr, aux médias. Si vous connaissez une association susceptible de signercet appel, n’hésitez pas à lui indiquer cette campagne !

Photos : Stock.schng – 1 et 2 

(5 commentaires)

  1. Je peux comprendre que l’on milite contre la fessée. Cette « habitude » n’est pas forcément la solution aux conflits ni à l’éducation. La fessée vient bien plus souvent d’un manque de solution, que de la décision d’en trouver une.
    Néanmoins, les études qui poussent à dire que les enfants victimes de fessée sont des enfants qui deviennent dépressifs, drogués, souvent malades et avec une mauvaise image d’eux-mêmes, là, je demande à voir les études.
    Que les milieux sociaux culturels aient un impact, certes, mais le fait de prendre une fessée afin de comprendre les limites qu’imposent la vie ne peut entrainer ce type de dérive.
    La question à se poser aussi est : qu’en est-il des enfants n’y n’acquiert pas les limites, qui n’obéissent pas, n’en font qu’à leur tête, se mettent en danger et se moquent totalement de l’autorité parentale ?
    La fessée n’est pas un remède à utiliser à toutes les sauces mais elle peut permettre de montrer que la limite est passée et que le comportement n’est pas acceptable.
    Le sujet est soumis à débat c’est certain, mais il ne faut pas trancher de façon systématique entre il faut et il ne faut pas. Il est utile d’éduquer les parents afin d’éviter que la fessée ne soit que la seule réponse.
    Il y a une différence énorme entre une fessée donnée à un enfant parce qu’il a fait une bêtise importante et la violence infantile. La limite est mince mais l’éducation des parents est importante. Tout interdire n’a jamais été un bon moyen, éduquer si !

  2. Je suis complètement d’accord avec vous, Didier, il ne faut pas mélanger fessée occasionnelle et violence éducative ! Quant aux enfants élevés sans que des limites soient posées, je n’ose pas les imaginer à l’âge adulte (pour peu qu’ils sortent un jour de l’enfance).

  3. Pas de fessée ne veut pas dire pas de limites. On peut imposer des règles et des limites à un enfant en le punissant autrement. Donc à ne pas confondre!

  4. Bonjour,
    Je ne comprends qu’en partie que l’on milite contre la fessée car personnellement j’en ai reçu plusieurs lorsque j’étais enfants et cela ne m’a aucunement traumatisé ni même ma soeur, mon cousin et ma cousine et pleins d’autres personnes.
    Je pense qu’il faut que la fessée soit légère et expliqué a l’enfant pour qu’il comprenne pourquoi et il n’y a pas de raisons de la traumatiser ; bien sur il y a toujours des exceptions mais bon je pense que chacun doit pouvoir élever son/ses enfant(s) sans être juger dans sa façon de le faire sans tout de même entrainer de la violence.
    A chacun son mode d’éducation et ses opinions ! ! !

  5. Comme le dit Victoire, pas de fessées ne signifie pas pas de limites. C’est, hélas, un amalgame qui est souvent fait.
    Je propose, Didier, de revenir prochainement sur ces études auxquelles vous ne croyez pas, concernant les effets nocifs des fessées, mais également sur celles expliquant pourquoi la fessée ne fonctionne pas comme méthode éducative. Ce qui permet à certains de dire, n’en déplaise aux non-convaincus, un véritable « non » à la fessée. Peut-être qu’en lisant ces études, votre opinion évoluera ? A suivre…

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