Vous avez sans doute ressenti une émotion intense lorsque votre bébé vous regardait dans les yeux, tel un amoureux, fasciné par votre visage.
Mais cette communion ne dure pas. En grandissant, Bébé commence à partager son intérêt entre ses parents et les « choses ». Car les objets le fascinent autant que les êtres humains. Ainsi, un véritable triangle cognitif se met progressivement en place : les parents accompagnent leurs enfants dans cette exploration des objets, devenus objets de désir.
A un an, les bébés apprennent à regarder l’endroit que les adultes leur montrent du doigt. Leur découverte des choses s’accompagne d’une nouvelle découverte des gens : l’attitude de l’enfant envers un objet nouveau dépend de celle de l’adulte. Si celui-ci sourit, il va s’aventurer pour le voir de plus près et le toucher ; si l’adulte s’affole, le bébé ne va pas bouger voire il se mettra à pleurer.
Ce phénomène a été mis en évidence par l’expérience suivante. Un adulte prend deux boîtes dans lesquelles il peut regarder. Il sourit en regardant ce qu’il y a dans l’une et prend un air de dégoût en regardant dans l’autre. Ensuite il pousse les deux boîtes vers le bébé, qui ne connaît pas le contenu des boîtes. Celui-ci introduira sa main dans la boîte qui a réjoui l’adulte mais ne touchera pas à la seconde.
La morale de cette histoire ? Le bébé apprend en intégrant l’expérience et les connaissances des adultes.
» Après tout, communiquer est bien plus excitant que communier. (…). Dans la plus belle des histoires d’amour, on contemple le monde ensemble, on ne se contente pas de se contempler mutuellement. », comme l’écrivent si joliment A. Gopnik, A. Meltzoff et P. Kuhl, dans leur livre Comment pensent les bébés ?.