L’accouchement naturel est promu par les autorités médicales qui soulignent le fait que le recours à la césarienne doit être limité. L’allaitement au sein fait un retour en force, ses bienfaits pour le bébé étant appuyés par nombre d’études scientifiques. Contre les rhinites, les pédiatres prescrivent du sérum physiologique… et encore du sérum, avec, éventuellement, le bonus mouche-bébé (j’ai essayé aussi bien le mouche bébé par aspiration et le mouche bébé électrique ; je vous récommande ce dernier, bien plus hygiénique et mieux supporté par l’enfant). J’ai récemment demandé à mon médecin de famille si je devais essayer le clapping ou autre méthode de kynésithérapie respiratoire pour mon bébé qui tousse depuis un mois, comme cela m’a été conseillé dans mon entourage. J’ai été agréablement surprise de l’entendre dire qu’il fallait « remettre les pendules à l’heure » et ne pas embêter les enfants s’il n’y a pas une gêne importante (mon bébé dort bien la nuit, donc la toux ne le gêne pas tellement). Un retour à la nature ?
Je dirais plutôt que la tendance irait vers le retour du bon sens : dans la mesure du possible il faut laisser faire la nature et l’aider juste si elle n’y arrive pas. Même tendance chez les psychologues : face à la profusion de conseils en tout genre préconisés par les manuels de puériculture, voici ce que trois psychologues du développement écrivent, dans leur livre Comment pensent les bébés ? :
« Il en va de l’histoire des conseils aux parents comme de l’histoire de la médecine. Nous voulons des certitudes et c’est la porte ouverte à l’escroquerie. Pendant des années, les mères se sont interdit de bouger la nuit quand leur bébé pleurait, parce que les « experts » disaient de ne pas prendre l’enfant et de ne pas le nourrir hors des horaires habituels. Elles auraient aussi bien pu opter pour une bonne saignée. » La science nous enseigne « qu’il faut donner aux parents, et aux adultes en général, le temps et l’énergie d’exercer leur capacité naturelle à aider les enfants à apprendre ». Les parents responsables doivent-ils se rouer pour cela sur les jouets et jeux innombrables ? Voici ce que répondent les trois auteurs : « Ce qu’il y a de bien quand on sait ce que dit vraiment la science, c’est qu’on dispose alors d’une sorte de scepticisme protecteur qui devrait rendre très suspecte toute entreprise proposant une formule magique pour rendre les bébés plus intelligents ou plus savants, de certains jeux pseudo-éducatifs aux cassettes de Mozart en passant par les instituts pour futurs surdoués. Tout ce que nous savons des bébés suggère qu’au mieux, ces interventions artificielles sont inutiles, et qu’au pire, elles distraient des interactions normales entre adultes et enfants ». Bref, les bébés n’ont besoin que d’attention et d’amour. Rassurant, non ?