Un ami vient de me raconter, avec amertume, comment il s’était fait ridiculisé en classe lorsque, à l’âge de 6 ans, il avait proclamé haut et fort que Père Noël était bien réel parce que son père le lui avait dit et que son père disait toujours la vérité. Car voilà où le bât blesse : à l’époque où, en bons héritiers de Françoise Dolto, on croit de notre devoir de dire la vérité à nos enfants, que peut-on faire pour Père Noël ? Faut-il avoir deux poids, deux mesures, et entretenir quand même le mythe de ce Père Noël qui apporte des cadeaux ? Et si l’enfant récupère des cadeaux auprès d’oncles ou tantes chez qui Père Noël a laissé des jouets pour lui, faut-il lui parler des Pères Noëls locaux pour s’approcher tant soit peu de la réalité ?
Et que dire lorsqu’on croise dans la rue plus de Pères Noëls que des mamans et des papas, pour ne pas parler de l’inflation de l’image de Père Noël qui se décline à tous les heures et sur toutes les chaînes ? Faut-il dire à l’enfant qu’il s’agit là des avatars de Père Noël ? De ses clones ? De ses associés qui portent le même uniforme ?
Certains psychologues ou pédiatres conseillent de laisser croire l’enfant à l’existence de Père Noël, pour entretenir le rêve. Ils avancent l’argument suivant : on n’explique pas aux enfants que les fées ou autres personnage de conte n’existent pas ; on joue le jeu. Cependant, il y a une différence de taille entre Père Noël et les autres personnages imaginaires : ceux-ci ne s’introduisent pas dans la vie des familles en apportant des cadeaux. Mais il y a les dragons et les monstres qui s’immiscent dans le quotidien ; et peut-on faire peur à l’enfant en lui disant qu’un monstre s’est à coup sûr caché sous son lit sans qu’on se trasnforme nous même en parents – monstres ?